
Situé dans la commune urbaine de Labé, le Musée du Fouta demeure un site incontournable pour les visiteurs du Fouta-Djalon. Véritable conservatoire de la mémoire peule, cet espace retrace plus d’un siècle de pratiques culturelles et de traditions locales, dans une région souvent qualifiée de « château d’eau de l’Afrique de l’Ouest ».

Construit en « terre de sagesse », le musée porte sur l’un de ses murs une citation emblématique de Amadou Hampâté Bâ : « En Afrique, quand un vieillard meurt, c’est toute une bibliothèque qui brûle ». Une pensée forte qui illustre l’importance de la transmission orale dans les sociétés africaines.

Créé à l’initiative d’intellectuels guinéens, le musée s’est progressivement imposé comme un élément majeur du patrimoine culturel national. Son directeur scientifique, Ousmane Tounkara, souligne l’engagement des fondateurs : « Ce sont des intellectuels qui ont réfléchi à la manière de préserver et de valoriser notre culture. Le comité scientifique regroupe des personnalités remarquables ».

La constitution des collections a nécessité un important travail de sensibilisation auprès des communautés. Avec l’appui de la radio rurale, plusieurs familles ont accepté de confier au musée des objets et reliques témoignant de leur histoire.

S’étendant sur près de mille mètres carrés, le site abrite aujourd’hui une riche diversité d’objets du quotidien, illustrant le mode de vie des populations peules à travers les générations.
Cependant, malgré son importance culturelle, le musée continue de faire face à des difficultés persistantes, fonctionnant essentiellement sur fonds propres, deux décennies après sa création. Une situation qui relance la question du soutien institutionnel aux initiatives de préservation du patrimoine en Guinée.
Yves Alassane Bamba
Pour reporterhorizon.com