
Le ministre de l’Éducation nationale, de l’Alphabétisation, de l’Enseignement technique et de la Formation professionnelle, Alpha Bacar Barry, a lancé ce lundi 4 mai 2026 un ambitieux programme de renforcement des compétences pratiques et numériques au profit de 190 enseignants en sciences, notamment en mathématiques, physique, chimie et biologie.

Prévue sur huit jours, cette formation totalisant 3 840 heures vise à impulser une transformation en profondeur des pratiques pédagogiques. Les enseignants bénéficiaires sont appelés à devenir les relais de cette nouvelle dynamique éducative. « Vous êtes les pionniers d’un changement durable », a déclaré le ministre.
Ce programme s’inscrit dans une volonté de rupture avec un modèle d’enseignement encore largement dominé par l’approche théorique. L’objectif affiché est de promouvoir une pédagogie active, axée sur l’expérimentation, l’innovation et l’intégration du numérique dans les apprentissages.
Pour Thiapato Barry, inspecteur régional de l’éducation de Conakry, cette initiative va bien au-delà d’une simple session de formation. Elle s’intègre dans la vision stratégique nationale Simandou 2040, qui place le capital humain au cœur du développement.
« Aucune mutation industrielle durable ne peut s’opérer sans des ressources humaines qualifiées, capables de répondre aux exigences d’un monde en mutation accélérée », a-t-il souligné.
Le constat actuel reste préoccupant : l’enseignement des sciences en Guinée repose encore majoritairement sur des méthodes transmissives, limitant ainsi le développement des compétences critiques et pratiques chez les élèves.

Conçu comme un projet pilote, ce programme sera évalué en fonction de son impact sur les pratiques pédagogiques et les performances des enseignants. En cas de résultats concluants, il sera étendu à l’ensemble du territoire national, de Kindia à Kankan, en passant par Boké et N’Zérékoré.
Au-delà de la formation, cette initiative marque un repositionnement stratégique des disciplines scientifiques (STEM) comme levier central de développement. « Le potentiel ne fait pas le développement, il l’accélère. Ce qui fait la différence, c’est l’humain », a rappelé le ministre.
Dans cette dynamique, le département prévoit également l’introduction progressive des outils numériques et de l’intelligence artificielle dans le système éducatif. Un agent conversationnel destiné à accompagner les candidats au baccalauréat, en proposant des corrigés types et des alternatives méthodologiques, sera prochainement déployé.
Toutefois, les autorités insistent sur la nécessité de former les enseignants à ces nouveaux outils, afin d’en garantir une utilisation efficace et adaptée aux réalités pédagogiques.
Yves Alassane Bamba, pour Reporter Horizon.com